Le Bouddhisme au Cambodge

Histoire

L’histoire religieuse du Cambodge (ancien Kampuchea) peut être divisé en trois périodes distinctes:

  1. Le Bouddhisme des premiers temps appartenant à la tradition des moines Sona Thera et Uttara Thera,
  2. Le Brahmanisme puissant et le Bouddhisme Mahayana (Grand véhicule),
  3. La période du Bouddhisme Theravada introduit de Ceylan par le fils du roi Jayavarman VII.

Tout d’abord brahmaniste puis bouddhiste, le Cambodge ou ce qui était alors le Fou-nan et le Tchen-la, fut très influencé dans sa tradition par la culture et la pensée indiennes. Les brahmanistes et les bouddhistes mahayanistes cohabitèrent pendant un millénaire. Le Brahmanisme fut jusqu’au XIIe siècle la religion des rois, alors que le Bouddhisme se propageait parmi les gens du peuple. Au XIIe siècle, le roi Jayavarman VII (1181-1218) opta pour le Bouddhisme. Il fut un fervent pratiquant et devint l’un de ces grands rois bâtisseurs que connut l’histoire du Cambodge. Il fit ériger le sanctuaire du Bayon; centre géométrique d’Angkor Thom, qui constitue aujourd’hui l’un des plus grands et des plus beaux édifices du patrimoine mondial culturel.

Installation du Bouddhisme au Cambodge (309 avant J.C.)

La permanence et la force du bouddhisme au Cambodge est l’un des traits caractéristiques de l’histoire khmère. Avant d’adopter la religion bouddhiste, le peuple khmer, de même que les autres peuples de la préhistoire, vénérait les éléments naturels : l’eau, la terre, le feu, le vent représentés par des génies et des  divinités, et voyait dans les forêts ou les rochers des sources de salut.  Ainsi s’explique que, de nos jours encore, se soit conservée la tradition de fêtes rituelles dédiées à ces génies tutélaires. L’avènement du Bouddhisme fut un remède contre toutes ces croyances et superstitions sans pour autant les rejeter. Elles furent parfois intégrées comme des pratiques bouddhistes.

L’introduction du Bouddhisme au Cambodge remontait au IIIème siècle de l’ère bouddhique c’est-à-dire en l’an 250 avant JC. Selon des sources cinghalaises, le Bouddhisme s’installa vraiment au Fou Nan en l’an 309 avant JC. Selon les annales chinoises, le Bouddhisme ancien fut prospère au Cambodge au moins jusqu’au Vème siècle de l’ère chrétienne.

Bouddhisme Theravada (langue Pali) 

Le roi Jayavarman VII envoya en outre un de ses fils à Ceylan pour s’instruire dans la religion du Bouddha ; le fait est relaté dans les Annales birmanes. Les historiens en déduisent que ce prince fut le premier à propager au Kampuchea le Bouddhisme theravadin de Ceylan.

Cette période a vu s’installer définitivement au Cambodge le Bouddhisme Theravada (langue pali), tandis que le Brahmanisme et le Bouddhisme du Mahayana, perdant progressivement leurs adeptes, finissaient par disparaître. Des temples brahmaniques furent transformés en pagodes et, sur l’autel, la statue du Bouddha remplaça le linga.

Tant de pagodes, aujourd’hui, dans le royaume khmer, pointent leurs toits vers le ciel, tant de bonzes, portant avec noblesse l’ample toge jaune, sillonnent le pays, que les étrangers l’appellent souvent :  » Le pays des bonzes ».        

Ce renouveau du Bouddhisme ancien toucha par vagues successives la Birmanie, la Thaïlande, le Cambodge et le Laos. En un siècle ou deux, tous ces territoires devinrent, et demeurent toujours de fervents pays bouddhistes Théravada.

Bouddhisme Contemporain

Jusque dans les plus rudes années d’épreuves de son histoire, le peuple khmer est resté fidèle au Bouddhisme. A leurs yeux, le Bouddhisme demeure le plus haut soutien contre les calamités et vicissitudes.

Tout au long des régimes qui se sont succédés, excepté une courte période de Communisme, le Bouddhisme fut protégé par tous les chefs d’Etat et Monarques Khmers.

Aujourd’hui, le Bouddhisme Theravada a retrouvé pleinement sa place au Cambodge. L’esprit et l’enseignement du Bouddha sont très ancrés dans la société khmère. ette société est imprégnée de morale bouddhiste. Chaque citoyen tente de suivre la voie du Bouddha.

 » Qui fait le bien reçoit le bien, qui fait le mal reçoit le mal. « 

Ce principe s’est transmis d’une génération à l’autre avec celui qui le complète :

 » Mieux vaut quitter la vie qu’abandonner la substance du Dhamma. « 

Doctrine de Paix et de Tolérance, le Bouddha-Dhamma, ou l’Enseignement du Bouddha, reçut au Cambodge et dans le cœur des Cambodgiens un accueil plus que favorable. Dans un premier temps, les Khmers adoptèrent le Bouddhisme Mahayana ou Grand véhicule. Il fut, au fil du temps, remplacé par le Bouddhisme Theravada ou Ecole des Anciens vers le XIVe siècle. Le Theravada est aujourd’hui pratiqué par 95% de la population. Sous le protectorat français, S.M. le Roi Norodom Sihanouk l’inscrit comme religion d’Etat dans la Constitution. Le roi est le protecteur de la religion, et c’est lui  qui nomme les plus hauts dignitaires religieux des deux Ordres bouddhiques cambodgiens : l’Ordre Dhammayutta et l’Ordre Mahanikaya.

Religion d’Etat

Aux termes du second paragraphe de l’article 8 de la Constitution du Royaume, octroyée, le 6 mai 1947 au peuple cambodgien par S.M. Norodom Sihanouk Varman,

 « Le Bouddhisme est la religion de l’Etat. »

Le premier paragraphe précise cependant que : « La liberté de conscience est absolue. I en est de même pour celle des Cultes, qui ne subit d’autres restrictions que celles qui sont nécessaires pour que l’ordre public ne puisse être troublé. »…

Le Bouddhisme dont l’âme khmère est imprégnée se manifeste dans la vie de chaque jour, dans les fêtes, les coutumes et notamment par la présence d’une importante communauté religieuse (Sangha) au sein de laquelle tout Cambodgien, même le Roi, passe au moins le temps d’un vossa (trois mois) en vue d’acquérir des mérites pour lui, pour ses parents, ou pour d’autres personnes vivantes ou défuntes.

4 réflexions sur “ Le Bouddhisme au Cambodge ”

    1. Bonjour,
      Nous sommes désolés pour notre réponse tardive.

      Selon nos opinions, la force du Bouddhisme réside dans la Patience, la Tolérance et la Compassion. Le Bouddhisme considère tout être vivant sur terre avec les mêmes considérations et respects sans aucune discrimination.

      Toutefois, nous sommes héritiers de nos propres Karma (Kamma en Pali : actions). Qu’ils soient bons, mauvais ou neutres. Nous récolterons ce que nous semons, que ce soit dans cette vie ou dans notre vie antérieure. Ils produiront les fruits qui seront nos rétributions dans le présent ou le futur, selon l’intensité de nos actes. Il n’y a pas de punition divine.

      Voici un extrait d’un sujet de méditation prôné par le Bouddha lui-même : l’Amour bienveillant. Si tout le monde le met en pratique, alors, le monde serait plus en harmonie et en paix.

      Metta Sutta (Discours sur l’Amour bienveillant)
      [… Toute chose qui est vivante, faible ou forte,
      élevée, moyenne ou basse, petite ou grande,
      visible ou invisible, près ou loin, né ou à naître,
      que tous ces êtres soient heureux.

      Que nul ne déçoive un autre ni ne méprise aucun être si peu que ce soit; que nul, par colère ou par haine, ne souhaite de mal à un autre.

      Ainsi qu’une mère au péril de sa vie surveille et protège son unique enfant, ainsi avec un esprit sans entraves doit-on chérir toute chose vivante, aimer le monde en son entier, au-dessus, au-dessous et tout autour, sans limitation, avec une bonté bienveillante et infinie …]

      Bien cordialement,
      L’équipe de rédaction
      Vatt Khémararam

    1. Bonjour,

      Nous vous remercions de votre intérêt pour notre temple. Le temple est ouvert les jours du Bouddha pour des cérémonies religieuses (4 fois par mois selon le cycle lunaire). En premier lieu, vous pourrez venir à notre centre pour une discussion approfondie avec l’un des responsables. Veuillez nous appeler avant votre passage car le moine responsable n’est toujours pas dans notre centre. Actuellement, il est en voyage à l’étranger jusqu’à la première semaine du mois de février.
      Vénérable Preah Ariyamuni Dimong KEO
      Mob. 06 22 09 28 06
      Voici mon numéro personnel
      Mob. 06 38 93 85 75
      Dara MANG
      Vice-Présidente/Administratrice générale
      Vatt Khemararam-Association Bouddhique Khmère
      16, rue Saint Simon 94000 Créteil (M° Créteil Université)
      Tél. 01 42 07 85 60

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